Le Cameroun est une « Afrique en miniature », d’une diversité naturelle, économique et culturelle prodigieuse. Il a une frontière maritime qui lui donne une ouverture sur l’océan atlantique, un accès au marché sous régional, y compris le Nigéria, le Soudan et la RDC. Son tissu économique repose sur une gamme très variée de ressources :


-Le potentiel agricole est très riche et diversifié, en raison de la variété des climats et des sols. La surface cultivable est estimée à environ 85% de la superficie totale du pays qui n’est exploitée qu’à 20% actuellement. La production agricole s’étend sur des produits vivriers aux cultures d’exportations : banane, coton, cacao (4àmc producteur mondial), café, thé, canne à sucre, caoutchouc naturel, céréales, fruits et légumes, tubercules, etc. L'agriculture contribue à hauteur de 27% au PIB et à 21% au flux d’exportation ;


-Les régions de la partie septentrionale sont de fortes zones d'élevage situées à la croisée des marchées du Nigéria et une partie de la CEMAC. La région du nord-ouest est particulièrement propice à la pratique de l’élevage des bovins et à la production du lait. Les transformations locales des produits animaux, laitiers, avicoles sont des opportunités réelles que les investissements potentiels peuvent saisir. Les vastes pâturages du septentrion constituent un cadre idéal au développement d’un élevage intensif, pourvoyeur de matière première pour une industrie de conserverie ;


-La foresterie, avec l’un des massifs les plus riches du bassin du Congo. Les forêts couvrent 40% du territoire national soit 22,5 millions d'hectares dont 17 millions exploitables. Il existe près de 300 essences exploitables dont une soixantaine seulement exploitée. La loi forestière en vigueur encourage la transformation des grumes avant l’exploitation ;


-La pêche industrielle ou artisanale, présente une perspective prometteuse de par les 360 km de côte maritime, le plateau continental de 13 062 km2, et la péninsule de Bakassi, réputée riche en poissons. Ces opportunités induisent en aval plusieurs autres activités, notamment la transformation et la commercialisation, qui sont à promouvoir ;


-Une faune et une flore riches, une culture diversifiée et originale qui se prêtent au développement de l’industrie touristique, attractive de devises ;


-Le Cameroun dispose d’un potentiel varié de minerais dont l’essentiel reste inexploité. Les réserves de fer sont estimées à près de 550 millions de tonnes (4eme réserve mondial et 2èmc d'Afrique). Les réserves de bauxite sont de plus d'un milliard de tonnes avec une teneur en aluminium d’au moins 40% (5crnc ou 6cmc réserve mondiale de ce minerai). Les réserves de cobalt et le Nickel sont estimées à plus de 52 millions de tonnes (c’est l’un des plus grands gisements au monde). Les réserves de Rutile sont évaluées à près de 3 millions de tonnes. Le Cameroun dispose de la 2ème réserve mondiale après la Sierra Léone ;


-Outre le pétrole qui constitue le principal produit minier exploité au Cameroun et dont la recherche de nouveaux gisements est avancée, les réserves de Gaz au Cameroun sont évaluées à plus de 116 milliards de m3. Celles actuellement découvertes et non encore exploitées sur le littoral du pays sont évaluées à 105 milliards de m3.


-En matière d’énergie, le Cameroun possède le deuxième potentiel hydroélectrique d’Afrique que lui offre un important réseau hydraulique. La production actuelle est estimée à 4 256 GWH. Des investissements de construction de nouveaux barrages hydroélectriques et la valorisation des autres types d’énergie, notamment des énergies renouvelables sont en projet dans ce secteur. Il s'agit entre autres de la construction de la centrale thermique à gaz naturel de kribi (puissance de 330 MW), la construction de la centrale à gaz de Limbé (400 MW), le projet hydroélectrique de Memve'ele sur le Ntem (201 MW) et le barrage réservoir de Lom Pangar ;


-Le Cameroun dispose d'un réseau routier dense et réparti sur l’ensemble du territoire d’environ 50 000 km, dont 25 000 km classés prioritaires (4519 km bitumés) sur la base de critères de rentabilité économique et d’intégration régionale. De nombreux projets sont en cours pour relier le Cameroun aux pays voisins. S’agissant des infrastructures ferroviaires, la partie septentrionale du pays et sa partie méridionale sont reliées par une ligne de chemin de fer longue de 884 km. Le Cameroun est doté de trois ports dont deux en cours de construction (ports en eau profonde de Kribi, livraison prévue le 14 juin 2014 et de Limbé dont les études sont en cours de finalisation). Le Port autonome de Douala dessert également la République Centrafricaine et le Tchad. Quant aux infrastructures aéroportuaires, le Cameroun compte trois aéroports internationaux (Yaoundé, Douala, Garoua) et secondaires pour des liaisons internes ;


-Le Cameroun a un réseau de télécommunication dense comprenant deux centres de transits internationaux. Quatre opérateurs dont un pour le téléphone fixe, se partagent un marché de plus de 5,5 millions d’abonnés, couvrant l’ensemble du territoire national. Il s’agit de Camtel, MTN, Orange et Viettel. Par ailleurs, les activités dans ce secteur sont en évolution constante, suite à la modernisation des infrastructures, l’extension de la couverture géographique, le déploiement progressif de la fibre optique, la densification des réseaux mobile et fixe, l’amélioration de la qualité de service et l’offre de nouveaux produits plus attractifs ;


-Sa diversité socioculturelle et écologique et son bilinguisme (anglais/français) lui offre d’énormes potentialités touristiques qui en font « Toute l’Afrique dans un seul pays ». On peut y pratiquer diverses formes d’activités touristiques, dont (i) le tourisme balnéaire, (¡i) les safaris-photos, (iii) le tourisme culturel, (iv) les randonnées en montagne, (v) l’écotourisme et (vi) le tourisme d’affaires ;

-L'industrie, véritable levier potentiel de la politique de croissance, dispose d’un sous-sol riche, d’une hydrographie suffisante, d’une main d'œuvre qualifiée et abondante, d'une large ouverture sur l’océan Atlantique et d’un marché sous-régional évalué à environ 200 millions de consommateurs (y compris le Nigéria).


Tous ces atouts comparatifs sont couronnés par quatre facteurs de développement importants à savoir :


1. Une stabilité macro-économique soutenue par une croissance du PIB de l'ordre de 4,5%, une inflation maîtrisée autour de 2%, des finances publiques assainies et une bourse des valeurs mobilières dont la vocation est le financement des investissements à un taux compétitif ;


2. Une stabilité politique et une paix sociale qui diminuent les incertitudes et le risque-pays dans l’environnement des affaires ;


3. Une sécurité juridique et judiciaire, renforcée par son statut d’Etat membre du Traité relatif à l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), signé à Port-Louis au Sénégal, le 17 octobre 1993 et qui vise la modernisation et l’harmonisation du droit des affaires dans les 15 Etats membres et la promotion de l’arbitrage comme instrument rapide et discret des litiges commerciaux ;


4. Une population estimée à environ 19,5 millions d’habitants, dont 43% de jeunes de moins de 15 ans et 54% en âge d’activité. L’enseignement supérieur est composé de huit (08) universités d’Etat et des universités privées formant une main d’œuvre qualifiée et multisectorielle. Une Zone Franche Universitaire à été mise sur pied en 2008, afin d'améliorer, de manière optimale les connaissances à travers la production, la diffusion et l’utilisation des savoirs, de l’innovation et de la technologie. Elle permet par ailleurs non seulement le rapprochement impérieux entre industries, mais aussi participe à la création d’entreprises.


La stabilité politique, la paix sociale et la confiance des institutions financières internationales, l’amélioration du climat des affaires, avec en toile de fond une croissance économique en hausse (5,2% en 2012), sont des garanties et des avantages comparatifs que notre pays présente aux potentiels investisseurs. Sur le plan linguistique, le bilinguisme du pays constitue également un atout indéniable. Le français et l’anglais sont les langues officielles. Elles sont parlées respectivement par 70% et 30% de la population. L’Espagnol et l’Allemand sont également connus par de nombreux citadins. Sur le plan religieux, le Cameroun est un état laïc. Deux principales religions y sont pratiquées: le Christianisme et l’Islam. On note aussi la pratique de l’Animisme.


Evolution récente


L’embellie de l’activité économique amorcée au lendemain de la crise financière des années 2008/2009, s’est poursuivie en 2011 et 2012. Le taux de croissance de l’année en cours est estimé à 5,2% contre 4,1% en 2012. Outre le regain de la production pétrolière, cette évolution résulte principalement des effets bénéfiques du démarrage des grands projets d’infrastructure, du dynamisme des activités dans les sous-secteurs de l’agriculture, des industries agroalimentaires, des BTP, des transports et de télécommunication. Cette consolidation devrait se poursuivre avec une croissance de 6,9% en moyenne sur la période 2014-2017.


Les programmes de relance de la production de cacao (amorcé depuis 2006) et de restructuration de la filière coton (mise en place d'un fonds de soutien aux prix), ont permis un accroissement de la production de l’agriculture industrielle d’exportation. Par ailleurs, la demande nationale et sous régionale continue de soutenir la production de l’agriculture vivrière. Toutefois, l’exploitation forestière enregistre une décélération due aux contrecoups de la crise en Europe. Au total, le secteur primaire devrait enregistrer une croissance de 4,1 % en 2012 soit un gain d’un point par rapport à la performance de 2011.


Le secteur industriel tire profit de la demande supplémentaire liée à la mise en œuvre des grands projets. En particulier les BTP, les cimenteries, les industries brassicoles, de production des matériaux et du petit équipement de construction enregistrent des gains d'activités substantiels. Par ailleurs, l'entrée en service de la centrale à gaz de Kribi dès 2013 permettra aux entreprises d’utiliser au maximum leur capacité de production notamment celles de la branche métallurgique. Le secteur secondaire a enregistré une progression de 4,9% en 2012 soit plus de 3 points par rapport à la performance de 2011.


Les emplois du PIB demeurent soutenus par la demande intérieure qui bénéficie du regain des investissements inhérents à la mise en œuvre des grands projets d'infrastructure. La détérioration des termes de l’échange liée à l’évolution défavorable des cours des matières premières et l’accroissement des importations des biens d’équipement, indispensables à la poursuite de la mise en œuvre des grands projets, expliquent la contribution négative de la demande extérieure à la croissance. Par ailleurs, le regain de la production pétrolière et des autres matières premières, combiné à la diminution progressive des importations des biens d’équipements, avec la fin de la phase de mise en route des grands projets structurants contribueront à l’inversion de cette tendance.


La poursuite des actions visant la stabilisation des prix et l'approvisionnement des marchés, ainsi que le soutien à la production des denrées alimentaires, ont permis de maintenir le taux d'inflation en deçà du seuil de 3% du critère de la surveillance multilatérale de la CEMAC.